le blog insolite de Christian Godard

16 décembre 2014

GROSRINO N'EN DORT PLUS...

Je viens d'apprendre une nouvelle consternante, qui ne laisse présager rien de bon. Vous aussi? Je sais, ce n'est pas ça qui manque... Pardon? Non, ce n'est pas la chute vertigineuse du rouble, à cause du pétrole qui baisse, et Poutine qui est dans le caca, ce qui pourrait nous conduire à la guerre bientôt (peut-être)... Hein? Non! Ce n'est pas le régime complémentaire des retraites qui bat de l'aile, au point que certains se demandent chez nous s'il ne serait pas bon de travailler plus longtemps pour boucher les trous, jusqu'à 65 ans, voire 67... Ou plus... Comment pourrait-on, entre nous, forcer les gens à travailler plus longtemps, quand ils sont au chômage, par exemple (On se demande si, dans les hautes sphères, ils sont biens portants, des fois...). Non, ce n'est pas parce que les inondations redoublent partout et que la Côte d'Azur est le dernier endroit où il faut aller habiter pour passer une retraite tranquille, tous les retraités vous le diront, ils plient tous bagage... Non! Ce qui me perturbe profondément, c'est que je viens d'apprendre qu'il ne reste plus que 5 rhinocéros blancs dans le monde! Seulement 5! Alors que je n'ai même pas eu le temps et l'occasion d'en voir un, même gris. Moi, je dis, on ne sait plus quoi penser devant une telle dégradation des choses sous nos yeux. D'ailleurs, même Martin est perplexe. Tenez, jetez un coup d'oeil sur cette petite dédicace rapide... La preuve!

http://www.bd-artstrip.com/fr/  (Allez donc jeter un coup d'oeil à cette adresse, ça vous changera les idées)

martin et klebsky

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09 décembre 2014

UNE CRUELLE ABSENCE D'INDIGNATION...

Avant hier soir, je suis tombé par hasard sur un film de Chaplin que j'ai dû voir une quinzaine de fois.Toujours aussi drôle et efficace.Un régal. « Les temps modernes ». Vous connaissez l'histoire, la chaîne de montage, Charlot qui devient dingue à force de faire toujours la même chose, qui se fait virer et qui dort dehors. Qui rencontre une pauvre fille comme lui, une sans domicile fixe. Le film est de 1936. Il a donc 76 ans. Ca faisait rire, il n'y a pas longteùps encore. Brusquement,j e me suis aperçu que ça ne me faisait plus rire du tout. J'ai éteint la télé. 76 ans. Une histoire de pauvres qui dorment dans la rue. 76 ans plus tard, dormir dans la rue, c'est toujours d'actualité. Il semblerait bien que la pauvreté soit constitutive de cette société, finalement. Peut-être qu'il faut en prendre son parti? La pauvreté, un crabe qui ne lâche pas prise? Qui veut sa part. Qui sectionne ou il peut, à l'aveugle … Valls dit qu'on manque d'indignation. Et il en est où, à propos du crabe?

http://www.bd-artstrip.com/fr/

Ne et K et le crabe

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30 novembre 2014

DIRE, AU HASARD DE LA PLUME...

J'ai toujours trouvé ça mystérieux, les rencontres. Il y a celles qu'on voudrait faire, et qu'on ne fait jamais, celles qu'on fait et dont on se dit que c'était vraiment pas de chance. Celles dont on rêve éveillé, et celles qui vous endorment pour le compte. La vie tient aux rencontres qu'on fait, et vous ne pouvez pas faire grand chose pour influer sur le cours des événements, car vous ne vous rendez compte de la portée qu'une rencontre va avoir dans votre qu'existence que quand il est trop tard. Une rencontre malencontreuse, une seule, et tout est tracé, écrit, figé, vous perdez le contrôle....

J'ai toujours beaucoup admiré ceux qui savent fuir.

Savoir fuir, c'est un truc que personne ne vous apprend. Vous pouvez toujours chercher dans les manuels, vous ne trouverez pas grand chose sur le sujet. Ce n'est pas en classe qu'on vous apprendra à fuir. Presque tous les animaux savent fuir. Pas l'homme. En cas de guerre c'est défendu. Vous imaginez deux armées face à face, et tous les combattants qui partiraient en courant dans tous les sens? Plus de guerre, du coup! Mais c'est impossible, bien entendu. Il y en a même qui se font une gloire de ne pas fuir devant un danger, même mortel. Certain disent que c'est comme ça qu'on réussit sa mort. C'est comme ça qu'on rate sa vie.

J'ai un copain d'enfance qui a passé son temps à fuir. Je suis sûr qu'il a rencontré plein de fois le bonheur, ou quelque chose qui y ressemble...

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Martin-Corto

  

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24 novembre 2014

MARTIN,QUAND PERSONNE NE LE REGARDE...

Petite dédicace de commande.
Emporté par mon élan, je m'aperçois après coup que je n'ai plus la place pour écrire le nom du destinataire... Il faut que j'arrête de travailler le soir tard...

dédicace 333

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22 novembre 2014

J'AI L'IMPRESSION QUE ÇA NE S'ARRANGE PAS...

Il y a des moments ou je m'y perds un peu, je le reconnais. Et pourtant j'ai fait plusieurs guerres. Et pas n'importe lesquelles. Rien que, si je voulais frimer, les guerres napoléoniennes... J'y étais. La retraite de Russie, je vous raconte pas l'horreur que c'était. Et puis les tranchées, à Verdun, vous avez sûrement entendu parler?... J'y étais aussi. La boue, les poux, tout ça. Bon, bref! Il en faut beaucoup pour m'étonner, moi. Enfin, je croyais. Mais maintenant, j'avoue, je me sens.... comment dire... dépassé, voyez? J'ai du mal à suivre. Par exemple, il y a des pays où, quand on viole une femme à plusieurs, après on la pend tellement c'est la honte. Rien que ça, là, déjà, je bute. Chez nous, c'est le contraire. Il y a des femmes qui, pour s'exprimer, se foutent des slogans sur la poitrine, les seins à l'air et le reste aussi. Eh bien, qui c'est qui les lit, les slogans? Personne! Je ne sais pas, moi, c'est une question de correction, on pourrait au moins les lire, ces putains de slogans? Mais non. Aucun savoir vivre. Les gens aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'ils ont dans la tête. Peut-être que c'est la pollution qui commence à faire son oeuvre, qui lessive les neurones. Non?... Peut-être que c'est le commencement de la fin, peut-être?
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Hollande-Julie

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12 novembre 2014

ROSETTA

Il paraît que, grâce à Rosetta, vous savez, la comète sur laquelle on vient de poser un bidule bourré d'informatique, on va probablement mieux comprendre comment la vie est apparue sur la Terre. Martin a toujours été étonné par le fait que la vie se soit installée là, ici, pourquoi là et comment. Martin, qui s'étonne de tout, sans en avoir l'air, se pose beaucoup plus de questions qu'on ne pourrait le croire. Car l'apparition de la vie sur la terre, et son foisonnement, qui aboutit à créer à tour de bras n'importe quoi n'importe comment, qui bouge, rampe, sautille, frétille, bouffe, mord, pète, et vole ou nage, et pense un peu, parfois, tout ce fatras qui meurt aussi, le laisse pour le moins perplexe.

Il n'en dit rien, Martin. Il garde ça pour lui. Il se dit que cette grande scène toujours recomposée, inlassablement renouvelée, de cris et de douleurs et de questions sans réponses, en vérité, et tous comptes faits, cela valait-il la peine? … Vraiment?.... Oui, bien qu'il garde tout cela pour lui, il cherche la réponse, sans rien en dire, à qui que ce soit. Les questions, c'est pas ça qui manque... Et puis, parfois, au détour du chemin, il se trouve en face d'un imprévu... Oui, pense-t-il alors... Ça valait la peine...

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rosetta

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03 novembre 2014

QUAND LE BON SENS N'A PAS DE SENS...

J'entendais hier un commentateur qui, sans vraiment se rendre compte de ce qu'il disait, prétendait que « ...ce gouvernement fait tout à l'envers! ». En l'écoutant, je me suis aperçu , pour ce qui concerne « l'envers » et « l'endroit », qu'il y a beaucoup à dire, d'une manière générale. La marche des choses ne fonctionne pas comme les chaussettes. Quand il s'agit d'une chaussette, on sait toujours si elle est à l'envers, ou à l'endroit. Mais il n'en va pas de même pour le destin des hommes. Il faut bien reconnaître que, parfois, faire les choses à l'envers est très préférable à les faire à l'endroit. Et que, quand tout le monde clame de quoi est fait le bon sens, il arrive souvent que c'est le mauvais qui est le meilleur. Montebourg nous en apporte une preuve éclatante aujourd'hui. Certes! Devenir ministre du Commerce et du Redressement Productif quand on y entend que goutte, le bon peuple ne peut guère s'attendre à des miracles de votre part. Mais, Ministre ne veut pas forcément dire qu'on s'occupe du bon peuple. Pas du tout. Être Directeur du FMI (Fond Monétaire International) comme le fut Dominique Strauss-Kahn, ne vous met pas forcément à l'abri de faire aussitôt faillite quand vous montez un fond de placement. Pas du tout. Ca n'a rien à voir. Rien de rien. Sauf peut-être que, nous, on nous le met le plus souvent à l'envers, qu'à l'endroit. Oui, ça on peut peut-être le dire. Mais c'est tout.

monteboug

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28 octobre 2014

POUR FAIRE UNE FLEUR AU MINISTÈRE...

Voyez Martin, qui attend quelque part dans la verdure… Une très jeune fille de rencontre lui a proposé d'aller lui chercher, pas loin, sur une terrasse proche, le dernier bouquin de Modiano, "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier", et Martin a trouvé que c'était une bonne idée. Il attend donc, parce qu'il a un peu honte de ne pas l'avoir lu, lui non plus, ce bouquin, et a peur de passer pour un plouc.

La jeune fille revient, nue, et apparemment, sans le bouquin de Modiano.

Sans soutien-gorge non plus...

Observez le regard de Martin, je crois qu'il commence à se douter de quelque chose...

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52 Numériser 4

Observez le regard de Martin, je crois qu'il commence à se douter de quelque chose...

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24 octobre 2014

DEUX MILLE MILLIARDS, ET MOI, ET MOI, ET MOI...

C'est ça, le problème, avec les dettes, faut toujours les rembourser.

J'ai toujours eu horreur de faire des dettes.

Quand je fais des dettes, je leur en veux toujours, de m'avoir cru quand je leur disais que je pourrais rembourser à coup sûr.

Ils auraient pu se renseigner avant.

J'ai toujours pensé que ceux qui prêtent à ceux qui peuvent pas rembourser, le font exprès.

Il doit y avoir un but caché, là derrière.

D'autant plus que, quand je fais des dettes, c'est souvent pour rembourser des emprunts…

Ce n'est pas par plaisir.

Du coup, le soir, quand je me couche, je ne pense qu'à ça, et je ne dors plus.

Quand je sors, j'ai l'impression que tout le monde le sait, et je rase les murs.

Quand on sonne à ma porte, je ne réponds pas, et je m'enferme dans les W.C.

Alors, vous imaginez, avec deux mille milliards d'euros de dettes, que j'ai, si jamais un fonds de pension sonne à ma porte, j'y coupe pas, je fais un infar, c'est sûr.

En plus, si c'était droite qui exigeait que je rembourse, je l'enverrais pondre. J'ouvrirais ma porte, et je lui dirais ce que je pense, à ce fonds de pension.

Mais c'est la gauche, qui veut, et là, je me dis, va falloir que je vende quelque chose, pour rembourser. 

Il y a bien la pendule de ma tante, en bois précieux, qui a perdu une aiguille, mais ça ne suffira sûrement pas.

Moi je vous le dis, c'est l'angoisse !

Pas vous ?

dette publique

 

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22 octobre 2014

ANTOINE...

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un homme extraordinaire. Il était d'une humanité exceptionnelle, toujours disponible, toujours attentif à ma modeste personne de jeune enfant. Il n'hésitait pas à me poser des questions pour savoir si j'allais bien, si j'étais heureux de vivre, ou si j'avais besoin de quelque chose. Il s'appelait Antoine. Il était polonais. Il était arrivé en France tardivement, presque adulte déjà et parlait très mal le français. C'était un colosse. Une de ces statures imposantes que la nature fabrique parfois. Il avait vite trouvé du travail, à la gare de triage du Pont Cardinet, à Paris. Il colportait toute la journée des charges, les sortant d'un wagon à l'arrêt pour les charger ailleurs. Et pourtant c'était le plus doux des hommes, le plus attentif, le plus humain que j'aie jamais rencontré dans ma vie. Son seul atout dans l'existence, c'était sa force physique. Alors il l'employait comme il pouvait. Une fois par semaine, dans l'arrière-salle d'un café proche de chez moi, il organisait ce qu'on appelle « un bras-de-fer » . Il acceptait d'être défié par qui voulait. Il posait un billet de 10 francs, autant que je me souvienne, sur la table devant lui. Pour s'essayer à le battre, il fallait en faire autant, mettre un billet équivalent. Le gagnant remportait la mise. C'était toujours lui. Il ne perdait jamais. Je me souviens de ce soir-là où j'ai vu défiler quatre ou cinq costauds, venus exprès, de loin parfois, qui n'ont rien pu faire, que s'incliner. J'ai oublié de vous dire qu'Antoine était un voisin, j'habitais au-rez-de-chaussée, et lui au premier étage au-dessus de ma tête. C'était mon ami. Il avait un chien, à demi chien loup, Sultan, qui veillait sur moi, lui aussi. J'étais un enfant, à cette époque-là. J'avais, quoi?...Sept, huit ans. Ce soir-là donc, celui dont je vous parle, mon père était à proximité, assis à une table voisine, avec ma Maman. Je n'en pouvais plus. J'ai été le trouver...

--Dis, P'pa, est-ce que je peux essayer, moi aussi?

J'avais l'impression que les précédents ne savait pas s'y prendre.

--Qu'est-ce que tu racontes?

--Si, si, je t'assure, je crois savoir pourquoi, les autres, ils n'y arrivent pas!

Mon père a consulté Antoine du regard, par-dessus ma tête, puis a sorti un billet de dix francs et me l'a tendu.

J'ai posé les dix francs devant Antoine, et j'ai dit:

--Antoine! Je veux essayer!

--Bon, a dit Antoine, mais sans tricher, alors, hein?

--Je te le promets, je le jure! Ai-je dit de bonne foi.

Je me suis assis en face de lui, j'ai perché ma petite main de rien du tout dans sa grosse pogne dure comme fer, j'avais eu du mal à loger mes doigts entre les siens, et je l'ai regardé droit dans les yeux.

--C'est toi qui donnes le signal? m'a demandé Antoine.

--Oui, j'ai dit. Maintenant!

Et je me suis arc-bouté de toutes mes forces.

 

J'avais huit ans.

J'y croyais. Je suis devenu tout rouge, je le sentais, et tout mon corps participait à l'effort, et mes pieds sur le sol, et même le son qui sortait malgré moi de ma gorge... et soudain, j'ai vu le bras d'Antoine qui commençait...légèrement... à ployer!... Je n'en revenais pas! Mais si... Il cédait, petit à petit... J'ai regardé Antoine, et j'ai bien vu, sur son visage, les traces d'un effort inouï, intense, un vrai, qu'on ne peut pas imiter... Et je lui ai ployé la main jusque sur la table!

Il a repris son souffle.

--Dis donc, t'es rudement costaud, qu'il m'a dit, avec son énorme accent polonais.

Je ne l'avais jamais vu perdre avec qui que ce soit.

Et il n'a jamais perdu une seule fois après moi.

--Je peux ramasser...la mise, j'ai demandé timidement.

--Bien sûr, c'est normal, puisque t'as gagné.

J'ai été rendre les dix francs que mon père m'avait prêté. J'avais gagné dix francs au bras-de-fer. Je me suis promis de le raconter à mes copains, dès le lendemain. Et puis, je ne sais pas pourquoi... je ne l'ai pas fait.

 

Antoine, sur mon lit de mort, à l'heure du grand départ pour le grand tout, je me souviendrai de toi. De ta gentillesse monstrueuse, de ta douceur dans la vie, tu étais l'homme le plus authentiquement chaleureux que j'aie jamais rencontré.

 

Margerie

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18 octobre 2014

UN PETIT BONJOUR EN PASSANT...

J'ai souvent l'occasion de collaborer avec certains qui ont beaucoup de talent. Parmi ceux-là, Florenci occupe une place à part. 

Il savait tout faire, et excellait en tout. En plus, c'était l'homme le plus modeste et le plus chaleureux que j'aie jamais rencontré. Il est parti très tôt, par accident.

Chapeau bas, messieurs et dames: voici Florenci Clavé, dans L'Hydre mélomane, le troisième tome des Chroniques du Temps de la vallée des Ghlomes.

 

 

11 ghlomes 3 - copie

DÉSORMAIS EN LECTURE SUR: www.bd-artstrip.com

 

 

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11 octobre 2014

GREG, MARTIN, ET MOI...

De cette époque, s'il fallait que je retienne un souvenir, ce serait celui-là.

C'est un souvenir que j'ai raconté des centaines de fois... Enfin, des centaines... disons plein de fois...

Je ne m'en lasse pas.

On sortait d'une réunion de rédaction, à Paris, Greg et moi.

A cette époque, il était rédacteur en chef de Tintin.

Il me dit:

-- On va prendre un pot? 

-- Sûr, je réponds.

Sans vraiment parler, on était tous les deux sur la même longueur d'ondes.

On nous sert au comptoir, on échange quelques mots. Puis, il me dit:

-- ...Au fait, comment que ça se fait que tu n'es jamais venu à Tintin

-- Ben, je fais, la bouche ouverte, parce que personne ne me l'a jamais demandé!

-- Eh bien, qu'il rétorque, je te le demande.

Je marque un temps, je réfléchis, je le regarde...

-- Mais...Pour faire quoi?

-- Ce que tu veux.

 Voilà.

C'est comme ça, aussi simplement, en trois mots (quatre pour être précis), que Martin Milan est né, et que s'écoula une collaboration de plus de vingt ans. Jusqu'à ce qu'il soit remplacé à son poste, et que je me tire aussitôt ailleurs. S'il était encore vivant, j'y serais toujours. Mais si, bien sûr!

C'était comme ça que les choses se passaient ...autrefois.

http://www.bd-artstrip.com

Martin Milan - T05_40_2_revu

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06 octobre 2014

MARTIN,DIS, QUAND REVIENDRAS-TUUUU???...

L'autre jour, un vieil ami à moi, qui se fiche de la BD comme de sa première paire de chaussettes, m'a rendu visite alors que j'étais en train de dessiner deux miséreux échangeant des paroles acides, installés sur un bout de trottoir défoncé.
--Excuse-moi, Paul, (il ne s'appelle pas Paul, il n'aimerait pas que je cite son prénom)... Mais il faut que je termine en vitesse...
-- Dis-donc, ça t'amuse de faire ça? me demanda-t-il en faisant une grimace dégoûtée.
Je dus réfléchir un temps, et je m'en tirai par une pirouette.
--Bé oui, ça m'amuse! Et puis ça me permet de dire des choses, de... de...
--Les dire, bon, mais les dessiner?... Ça t'amuse?
--Tout ce qui touche au dessin m'amuse, mon vieux. Tout.
--Beuh! fit-il avec une grimace dégoûtée. ..Curieux! Moi, ça ne me viendrait pas à l'idée d'accrocher deux miséreux au-dessus de la tête de mon lit. 
--Ah?
-- Et à Adèle non plus! (C'est sa copine et ce n'est pas son vrai prénom également)
--Tout le monde ne pense pas comme toi, repris-je, vexé. Ca fait plusieurs de ces croquis que j'ai revendus, deux, rien que cette semaine!
--Allez! Tu blagues?
--Je te le jure!
--Et si tu faisais quelque chose de...je ne sais pas, moi, de joli à regarder... peut-être que je t'en achèterai un pour le mettre au-dessus de la tête de mon lit...
Je marquai un temps.
--On verra ça, dis-je, sans rien promettre.
On se quitta là-dessus. 
Il doit repasser demain ou après-demain. Je vous tiendrai au courant. L'aquarelle ci-dessous porte le titre de "Dis, Martin...quand reviendras-tu?..."
(les "caches" ne figurent pas sur l'aquarelle originale)
BD-stripart.com

nu 1_3

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03 octobre 2014

ON SE CONNECTE COMME DES FOUS...

Il ne se passe pas de jour sans que l'on nous fasse une révélation relatant les méfaits d'Internet et de tous les réseaux qui en découlent, vous avez remarqué ?
Nous voilà donc, paraît-il, entrés dans le monde inouï de l'interconnexion à tout-va, de tout avec tout. 
Ainsi, depuis votre paire de lunettes-smartphone-caméra-station-météo-détecteur-de-partenaires-libertins, vous pourrez bientôt allumer le gaz dans votre pavillon de banlieue à 20 kilomètres de là, sous le frichti, et tirer la chasse d'eau des WC, si vous avez oublié le matin en partant.
C'est, paraît-il, un progrès.

Claude Plumail - mon ami Pluplu - et moi-même, avions en quelque sorte anticipé un chouïa sur la chose.
Cela s'appelait: "Le Cybertueur"… C'était en 2003. C'était pas mal vu, je trouve. On n'en est pas encore arrivés à ce que nous décrivions, mais ça approche à grands pas.

Vous trouverez, ci-dessous, deux pages extraites du tome IV, "La Grande Conspiration"

cyber4 - 1copie

cyber4 - 2copie


Toute la série est disponible à la lecture, sur www.bd-stripart.com ...

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30 septembre 2014

ON EFFACE TOUT ET ON RECOMMENCE (sur l'air des lampions)

Vous écoutez les infos ou les commentaires à la télé, vous? ...Oui?... moi aussi. Mais je crois que je vais arrêter. Ce n'est pas qu'ils ne soient pas intéressants, non. Mais je trouve que, globalement, ça manque de variété. Ils répètent inlassablement toujours les mêmes choses. Les mêmes commentaires. Les mêmes déductions. Les mêmes constatations. Les mêmes révélations qui, à force, cessent complètement d'être des révélations, bien sûr. Le principe même d'une révélation étant qu'elle ne sert qu'une fois. Ca tourne toujours autour de, 1/il faut rembourser la dette; et 2/ ils n'y arriveront jamais. Comme manière de distraire le téléspectateur, moi, je trouve qu'ils étaient meilleurs avant. Très nettement. Et nous aussi, les raconteurs d'histoires rigolotes, les plaisantins du crayon et du pinceau, les enjoliveurs de la vie de tous les jours. Ouais. La preuve, voici deux planches du "Vagabond des limbes", datée de l'année 1981... Ah, c'était quand même autre chose, merde!!!
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Bonke 1

Bonke 2

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29 septembre 2014

CE QUE C'EST QUE DE NOUS, TOUT DE MÊME...

Quelle époque opaque, hein, comme disait le Concombre, naguère. J'ai entendu un commentateur dûment assermenté, hier, qui disait que ça allait mal partout, et qu'il était devenu difficile aujourd'hui de savoir qui étaient les bons, et qui étaient les mauvais. Je résume, hein. Et qu'il était nécessaire de ne surtout pas se fier aux apparences, car elles sont trompeuses, comme chacun sait. Je résume, je résume. Il disait exactement la même chose, mais en beaucoup-beaucoup plus de mots. Je me suis souvenu que j'avais osé aborder le problème dans une des histoires de Norbert et Kari:"l"île aux monstres"... Vous vous souvenez?
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n et k aujoudui

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27 septembre 2014

LE DÉSACCORD PERPÉTUEL DES SEXES...

Assez curieusement, il arrive que, entre les hommes et les femmes, ils parviennent à trouver tout un tas de raisons qui les conduisent à bien s'entendre. 

Dans un couple, on entend souvent l'un ou l'autre déclarer : "Pour ce qui est de faire des voyages, Martine est toujours partante !"; ou bien : "Je ne sais pas pourquoi, mais, nous sommes toujours d'accord sur le choix de nos amis, avec Robert"; ou encore : "C'est génial, on s'entend très bien sur la manière de voter, Gisèle et moi".

L'une des raisons qui font que, parfois, certains couples sont d'accord sur tout, c'est qu'ils tombent d'accord pour constater qu'ils ne sont d'accord sur rien.

Tous les moyens sont bons, pour réussir à former un couple qui tienne la route !

D'où, ci-dessous, quelques exemples mis en image par Marmou, pour le Guide des Femmes (à l'usage des hommes)...

p34_guide femme_encrage

 

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26 septembre 2014

UN GUIDE ESSENTIEL...

...POUR TOUS LES VOYAGEURS DE LA VIE...

Je ne sais pas pourquoi, mais, un beau jour, le Directeur des ÉDITIONS VENTS D'OUEST, charmant homme au demeurant, me tira par la manche et m'expliqua qu'il avait l'intention de publier un nouveau guide, « LE GUIDE DES FEMMES À L'USAGE DES HOMMES »...

Je lui dis que cela me paraissait une très bonne idée, vu que, généralement, les hommes n'entendent rien aux femmes, qu'ils sont d'une maladresse et d'une goujaterie qui laissent perplexe quand ils tentent de les séduire, et d'une grossièreté astronomique quand qu'ils s'échinent à les quitter.

--Donc,vous acceptez?

Je dus avoir l'air stupide, vu le regard qu'il dirigea vers moi.

--Vous pouvez vous y mettre quand?

--Mais je ne suis pas l'homme de la situation, voyons! Il vous faut un... fin psychologue... Un spécialiste en cette chose-là, un séducteur patenté...

--Mais pas du tout, rétorqua-t-il, agacé. Au contraire. Vous avez déjà été quitté?

--Hollala, oui.

--Combien de fois?

--Holala... il faudrait que je prenne un papier et un crayon...

--C'est ce que j'avais deviné. Signez là.

Page exemple le guide des femmes

 

C'est ainsi que mon ami MARMOU et moi nous nous mîmes au travail.

Il en résulta un guide, quasi-terminé à la date d'aujourd'hui, et qui va paraître très bientôt.

Je vous en mets ci-dessus une page, et vous en mettrai quelques autres si ça vous intéresse.

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24 septembre 2014

COMMENT AMUSER LA GALERIE...

Bonjour à tous, et même aux autres,

Je suis sûr que vous vous dites, à la découverte de la scène ci-dessous, "Mais qu'est-ce qu'il lui prend, comme ça tout d'un coup, lui que je connais au travers des si charmants « Norbert et Kari », ou de la si déjantée « Jungle en Folie », de brosser un tableau aussi éloigné de son univers habituel? Il est souffrant? Il déprime? Il a des trous de mémoire? Il ne sait plus qui il est?"

Non, rassurez-vous, tout va bien.
Je voulais juste vous rappeler que, quand vous allez sur la plateforme de téléchargement en ligne :www.BD-artstrip.com , vous arrivez sur la page d'accueil et, sur le côté droit de cette page, se trouvent deux portes distinctes, l'une qui conduit à mon blog, et l'autre à UNE GALERIE. 

En clair, vous pouvez donc également cliquer sur la galerie, et la visiter. Si vous êtes curieux, allez voir, juste pour jeter un coup d'oeil et découvrir ce qui s'y vend. Vous n'êtres pas obligés d'acheter pour avoir le droit de ressortir. L'entrée est LIBRE, la sortie aussi...

Mais, je vous rappelle à ce propos que cette galerie, outre ce qui s'y vend, est également habilité à recevoir des commandes « à la demande ». (Comme dans n'importe quelle galerie).

Et je souligne que la plateforme ENTIÈRE est, d'une certaine manière, une vaste galerie elle-même. 
Qu'elle est une plateforme d'auteurs.
Et que, s'il vous est arrivé de vous dire, pendant la lecture d'un album papier, «Tiens, cet album, j'aurais bien aimé en posséder une planche... », comme ça, en passant.

Eh bien, aujourd'hui, vous avez la possibilité de relire cet album sur la plateforme, de revoir calmement les planches une à une... de les agrandir... de les détailler... puis d'adresser à l'auteur un message du genre: « La planche tant, vous seriez disposé à la vendre? Parce que, moi, je suis disposé à l'acheter. On pourrait en discuter « directement » entre nous, sans un galeriste qui va prélever son pourcentage au passage?» 

Peut-être que l'auteur en question vous répondra « Désolé, mais ça fait 22 ans que je l'ai vendue, cher ami. » Mais peut-être pas. A vous de voir.

Vous pouvez faire ça.

C'est ça, une plateforme d'auteurs, et c'est en ça qu'elle ne ressemble pas aux autres.

 

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22 septembre 2014

DÉDICACE À DOMICILE

Cet après-midi, ai consacré quelques heures à faire une dédicace sur commande. Compliqué de faire une aquarelle sur le papier merdique d'un album. 

www.BD-artstrip.com

Dédicace Martin 2

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Fin »