Martine Aubry, qui, comme chacun sait, est maire de Lille, vient de déclarer, à l'attention de qui sait ce que parler veut dire: « ...il n'est pas trop tard pour réussir le quinquennat ...» Je vous fiche mon billet que, si on traduit la phrase et son sous-entendu, ça veut dire que, jusqu'à présent, c'est raté, et qu'on peut réussir ce qui reste si on l'écoute, elle, Martine. Voyons, penchons-nous sur cette déclaration surprenante. Si on écoute Martine, elle propose de réussir, non pas le quinquennat, à propos duquel elle est très critique, mais ce qu'il en reste. C'est-à-dire les trois ans qui viennent. Elle propose donc des mesures pour réussir un temps politique qui pourrait s'appeler le triquennat. Il faut donc en conclure que le biquennat (celui d'avant, signé Hollande) est raté, mais que le triquennat pourrait – peut-être - être réussi si on fait ce qu'elle dit (Il faut avoir « des visions », qu'elle a dit. Ca ne s'invente pas). Que devient le quinquennat dans tout ça, décliné en bi-tri-quadri-quennat? J'imagine d'ici les commentateurs, qui ne rateront pas leur coup: « Manuel Valls a assez bien réussi son biquennat, mais par contre, il a complètement foiré son dernier mono-quennat. » Ou encore «Jean-Marc Ayrault nous a donné l'exemple-type d'un biquennat en dessous de tout, et même plus bas. » Etc. Bon. Vous me direz, Martine, quand elle a fait cette déclaration intempestive, était dans un bistrot de quartier, avec une demi-douzaine de ses amis proches autour d'elle. Ils venaient peut-être de fêter quelque chose (le futur triquennat?), avaient dû trinquer, et plusieurs fois, peut-être. Dans les bistrots, c'est l'habitude, le « caquet-nat » fonctionne à plein tube, et on en entend des vertes et des pas mûres, tout le monde le sait.

biquennat