« C'est un petit pas pour l'homme et un grand pas pour l'Humanité » avait déclaré avec emphase Neil Armstromg en débarquant sur la Lune en 1969, vous vous souvenez? Enfin, je m'adresse ici aux plus de quarante ans, bien sûr. Et il disait vrai, Neil, car la vie, en sa personne, posait le pied sur ce satellite désolé pour qui « la vie » n'avait pas de sens. Et voilà-t-y pas que Rosetta, allant à son train de sénateur, après un voyage quelque peu erratique et fantasque de dix ans, excusez du peu (faut pas être pressé quand on est un scientifique) s'apprêtait à nous éclairer sur les mystérieux processus qui ont abouti à ce que la vie apparaisse sur la Terre, et sur beaucoup d'autres planètes qui lui ressemblent, et qui se comptent par milliards d'après ce qu'on nous raconte...

Inouï! L'humanité n'arrête pas de faire de grands pas dans la connaissance de... de... De quoi, au fait? Dans la connaissance, tout court, disons.

C'est d'autant plus étonnant que, dans même temps, grâce à d'autres grands pas dans la connaissance, on n'a jamais réuni autant de facteurs négatifs qui s'accumulent dans le sens contraire pour qu'on puisse pronostiquer comment, presque à coup sûr, la vie sur Terre semble condamnée à disparaître rapidement. Tous les problèmes insolubles qui y conduisent sont maintenant réunis au-dessus de nos têtes, et même dessous. Sinistre sandwich de vie précaire! Je ne vous ferai pas la honte de vous les énumérer, mais je ne résiste pas à la tentation d'en rappeler quelques-uns, pour rigoler: la pollution de l'air, de l'eau, d'à peu près tout, la pertubation des climats, l'épuisement des ressources naturelles, la fonte des glaces, la surpopulation, les contaminations multiples engendrées par les échanges de populations, la fin des espèces animales, l'entassement des déchets radioactifs n'importe où y compris à l'air libre, le pourrissement des sols par les engrais chimiques et autres, etc, etc, etc, etc... La liste est longue et l'issue certaine. C'est quand même intéressant de savoir comment la vie est apparue sur Terre au moment même où elle risque fortement de disparaître, non?

C'est même dommage, si tôt dans l'histoire de l'évolution des espèces, vu que, en 1980, c'est-à-dire hier, on comptait encore sur Terre des tribus d'hommes « coupeurs de têtes », notamment au Bengladesh, lesquels se tatouaient le torse en fonction du nombre de têtes qu'ils avaient coupées, le plus respecté parmi eux étant celui qui en avait coupé le plus.

Je trouve piquant qu'il nous ait fallu dix ans pour découvrir bientôt comment la vie était apparue sur Terre, alors même que, vingt ans avant le départ de Rosetta dans l'espace, on en faisait encore si peu de cas qu'on se glorifiait de la faire promptement disparaître! Avec un simple coupe-coupe. On a trouvé mieux entre temps...

Il me semble que, dans le fonctionnement cervical de ces êtres dont on dit qu'ils sont « pensants» (héhé), il serait bon de déterminer, pendant qu'il en est encore temps, s'il n'y a pas un « bug » quelque part. Voyez? Un vice rédhibitoire, quoi!... Ce que je crains.

Christian Godard

 

rosetta

 

 

PS: Vous remarquerez que, volontairement, je n'ai fait aucune allusion à propos des conflits qui se développent actuellement sur Terre, vu qu'il y en a partout, et que ce serait bêta.