Je ne sais pas si je vous l'a déjà raconté (si c'est le cas, lisez autre chose) mais, quand j'ai la chance de rencontrer Martin, au détour de l'un de nos chemins respectifs, il est très rare qu'il dise simplement, comme n'importe qui, « Bonjour, mon pote », par exemple. Je ne me souviens pas l'avoir jamais entendu dire bonjour comme tout le monde. Je lui ai demandé pourquoi, une fois. Je n'aurais pas dû. « Parce que je ne vois pas pourquoi je souhaiterais un « bon » « jour » à tout bout de champ et à n'importe qui que je ne connais même pas, c'est grotesque! » . Bon, mais je me perds, là. Donc, je le rencontre hier, qui sortait d'une camionnette... Non, SVP, ne me demandez pas ce qu'il foutait avec cette camionnette, je n'en sais rien et je m'en tamponne. Et, disais-je, la première phrase qu'il prononça en m'apercevant fut: 

--Tu ouvres ta fenêtre souvent, toi? »

Je marquais un temps, car c'est rare d'être accosté de but en blanc avec une phrase pareille.

--Drôle de question, dis-je.

--Tu vois, tu ne réponds pas, la preuve!

--La preuve de quoi?

--Réponds d'abord!

--Heu... oui, bien sûr. Surtout quand il fait chaud.

--Et tu n'habites pas au rez-de-chaussée, j'espère?

--Tu le sais très bien, tu es venu, une fois. Bien sûr que non!

--Ça ne change rien. Même en étage, c'est dangereux.

Là dessus il me tourna le dos, et il fallut que je cavale un brin pour le rattraper.

--Je suis désolé, mais ce que tu dis n'a aucun sens, Martin.

--Les ennuis arrivent par n'importe où, et n'importe quand, sans jamais qu'on puisse les prévoir à l'avance...

--Et alors?

--Et alors, c'est pas une raison pour les provoquer en ouvrant la fenêtre en grand.

J'ai souvent fait cette expérience.

Dans un premier temps, on ne comprends pas toujours ce qu'il dit.

Dans un deuxième temps non plus, d'ailleurs.

Mais ça m'a suggéré le tableau ci-dessous . Et là, en le réalisant, ce tableau, après coup en quelque sorte, j'ai compris tout de suite.

 

le volatile 01